Un message de l’abbé Gérard


Ça va bien aller!

Au moment où Jésus s’élève aux cieux pour rejoindre son Père, il envoie ses disciples en mission en leur disant : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde! » (Mt 28, 20) Une façon de leur dire : «Courage! Ça va bien aller!»

Que de fois on nous a redit cette petite phrase depuis ce vendredi 13 du mois de mars : « Ça va bien aller! » Elle était affichée partout et bien présente sur nos écrans de télévision ou d’ordinateurs. Mine de rien, elle nous a aidés. On ne savait pas où la pandémie allait nous conduire mais elle nous a touchés au point de craindre le pire. On parle de catastrophe; les conséquences en sont désastreuses.

Pour ma part, j’étais triste devant ce spectacle désolant de la mort de tant de victimes, pour la plupart âgées. J’ai beaucoup prié! Et je prie encore pour qu’on puisse traverser cette épreuve qui ébranle le monde en général, qui ébranle notre Église et nos communautés bien fragiles. C’est une épreuve pour notre foi!

Cependant je crois beaucoup en cette capacité humaine qui s’appelle la résilience. Elle témoigne de cette force divine avec laquelle Dieu a créé le monde et relevé le Christ de la mort. Elle fait surgir des espaces neufs au travers de ces crises et de ces catastrophes qui traversent les âges du monde. En somme, l’Esprit Saint préexiste à tout et demeure cet élan invincible qui conduira le monde, et chacune de nos vies, à son achèvement.

Que sera demain? Que serons-nous? Comment vivrons-nous? Serons-nous pires ou meilleurs qu’avant? Voilà ici le thème abordé par le pape François en son homélie de la fête de la Pentecôte.

Le pape rappelle que le secret de l’Esprit, c’est le don. Dieu donne, il n’est que « don ». « … si nous avons dans le cœur Dieu qui est don, tout change. Si nous nous rendons compte que ce que nous sommes est son don, don gratuit et immérité, alors nous aussi, nous voudrons faire de la même vie un don. Et en aimant humblement, en servant gratuitement et avec joie, nous offrirons au monde la vraie image de Dieu ».

Laissons le pape nous instruire et méditons ses propos : « Chers frères et sœurs, regardons-nous du dedans et demandons-nous, qu’est ce qui nous empêche de nous donner. Il existe, disons, trois ennemis du don, les principaux: trois, tapis toujours à la porte de notre cœur: le narcissisme, le fait de se poser en victime et le pessimisme.

Le narcissisme fait s’idolâtrer soi-même, il fait se complaire seulement de ses propres intérêts. Le narcissique pense: « La vie est belle si j’y gagne ». Et ainsi il arrive même à dire: « Pourquoi devrais-je me donner aux autres? ». Dans cette pandémie, combien fait mal le narcissisme, le fait de se replier sur ses besoins, indifférent à ceux d’autrui, le fait de ne pas admettre ses propres fragilités et ses propres erreurs.

Mais aussi le second ennemi, le fait de se poser en victime, est dangereux. Celui qui se prend pour une victime se plaint tous les jours de son prochain: « Personne ne me comprend, personne ne m’aide, personne ne m’aime, tous sont contre moi! ». Que de fois avons-nous entendu ces lamentations! Et son cœur se ferme, pendant qu’il se demande: « Pourquoi les autres ne se donnent-ils pas à moi? ». Dans le drame que nous vivons, comme il est mauvais de se poser en victime! Penser que personne ne nous comprend et ne ressent ce que nous ressentons. Ceci est le fait de se poser en victime.

Enfin il y a le pessimisme. Ici la litanie quotidienne est: « Rien ne va bien, la société, la politique, l’Église… ». Le pessimiste s’en prend au monde, mais il reste inerte et pense: « De toute façon à quoi sert-il de donner? C’est inutile ». Actuellement, dans le grand effort de recommencer, combien le pessimisme est nocif, le fait de voir tout en noir, le fait de répéter que rien ne sera plus comme avant! En pensant ainsi, ce qui sûrement ne revient pas c’est l’espérance. » (Homélie du pape François, messe du 31 mai 2020)

Esprit Saint, mémoire de Dieu, ravive en nous le souvenir du don reçu. Libère-nous de la paralysie de l’égoïsme et allume en nous le désir de servir, de faire du bien. (Pape François)

Dans l’espérance de se revoir bientôt, je vous envoie mes salutations fraternelles.

Abbé Gérard Bilodeau

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