CARÊME 2021
Discerner la présence de Dieu en nos vies


Semaine 1

Le carême, c’est le “reset” du chrétien!

À pareille date, l’an dernier, à la veille d’entrer en carême, on était loin de se douter du drame qui allait survenir. Mais un mois plus tard, tout a basculé. Et depuis, nous essayons de survivre… J’attends ce jour du grand « reset » pour revivre à nouveau, sans doute d’une manière nouvelle, tout ce qui favorisait ma joie de vivre.

Dans la vie spirituelle, le carême se présente comme un temps de renouveau. J’ai entendu un prêtre orthodoxe parler du carême comme le « reset » du chrétien, c’est-à-dire un nouveau départ, une remise en forme de notre vie chrétienne. N’est-ce pas ce que Jésus nous invite à vivre en nous disant : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1, 15) ?

Dans l’évangile de ce premier dimanche de carême, saint Marc raconte que Jésus, après son baptême, est poussé au désert par l’Esprit et y demeure pendant quarante jours, tenté par Satan. Il ajoute : « Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient » (Mc 1, 13). Cela évoque l’harmonie de la création voulue par Dieu. Une harmonie entre le ciel et la terre. Un grand rêve que nous portons au fond de nous-mêmes, brisé par notre manque de sagesse et de fidélité à Dieu. Voilà qu’avec Jésus le règne de Dieu est arrivé. Le monde nouveau est commencé.

Dans notre vie chrétienne, nous avons besoin de nous resituer. Il est facile d’oublier Dieu et de se laisser aller à nous-mêmes, à nos instincts, de se laisser griser par de l’éphémère, de laisser le tourbillon de la vie nous distraire de l’essentiel, sans se poser la question du sens de notre existence. Le règne de Dieu s’est approché en la personne de Jésus qui nous entraîne avec lui dans le grand rêve d’harmonie et de bonheur. Un grand rêve que nous avons la responsabilité de garder vivant en ayant cette sagesse d’adopter le regard de Dieu, de nous émerveiller de son amour et de vivre selon ses valeurs. La conversion commence par des questions qu’on prend le temps d’accueillir, des questions quant à ce qui se passe en soi, autour de soi et dans le monde. Puis, c’est de se tourner vers Dieu qui, sans cesse, « fait toutes choses nouvelles » (Ap 21, 5).

Concrètement, il s’agit d’abord de prendre le temps de faire silence, d’entrer en soi, dans le secret de nos cœurs, comme Jésus nous y invite. C’est là que nous rencontrons le regard de Dieu sur nous, c’est là que Dieu nous parle. Son appel… «convertissez-vous… » se fait entendre comme une parole pleine de bienveillance. Car il est le Dieu des recommencements… La conversion, c’est quelque chose d’heureux, de joyeux!

Avons-nous le goût de revivre à nouveau, d’une remise en forme spirituelle? Avec l’épreuve de la pandémie, peut-on aussi espérer la venue de quelque chose de neuf pour notre monde? Le règne de Dieu est à l’œuvre, une grande harmonie à rêver, à esquisser, à réaliser à travers bien des tâtonnements et des erreurs mais avec l’ingéniosité et la patience de nos dynamismes créateurs et de notre foi persévérante. Avec Jésus, nous avons le guide qui nous permet de trouver le chemin qui mène à ce monde nouveau, celui qui jaillit au matin de Pâques.

Bon carême ou bon « reset » spirituel!

Gérard Bilodeau, prêtre


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