Rameaux et Croix: un seul parcours

C’était la fête, le jeune rabbi de Nazareth était là aux portes de Jérusalem. On le suivait partout, on l’écoutait. Il parlait de Dieu de façon tellement différente. Il allait même jusqu’à l’appeler « Père ». Ses gestes étonnaient. Ses mains… ses mains qui traduisaient la générosité de Dieu avec des actions incroyables : faire entendre des sourds, faire parler des muets, redonner la vue à des aveugles, ressusciter des morts. On se souvenait de la fille de Jaïre et du fils de la veuve de Naïm. Le vin, la nourriture qui abondait quand il était là. Oui ses mains… et sa tendresse pour les enfants, pour les pécheurs. Maintenant, on l’acclamait: « Hosanna au Fils de David! », « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! » On agitait des palmes et des rameaux d’olivier. On étendait des manteaux sur son passage. Un climat de grande joie qu’on respirait en sa présence. Ils étaient là les humbles, les simples, les pauvres, les oubliés. Et lui au milieu d’eux. Il comprenait misères et leur révélait le visage miséricordieux de Dieu. Il passait comme un phare lumineux dans leur vie, comme une lumière d’espérance.
Et quelques jours plus tard, ce sera la trahison, l’abandon, l’insulte, l’outrage. Il y aura certes des procès, un devant le grand prêtre, l’autre devant Pilate. Des procès d’apparence avec la couronne d’épines, le bâton, le manteau de pourpre, une royauté tournée en dérision, une foule déchaînée. Puis la Croix. Il sera entré à Jérusalem sous des airs de triomphe pour aller à la croix dans le rejet le plus total. Pourquoi ?
Combien de blessures le mal inflige-t-il à notre monde ? Guerres, violences, conflits qui frappent les plus vulnérables, les plus faibles, la soif de dominer, la soif d’argent, le pouvoir, la corruption, crimes contre la vie humaine, crimes contre la création et nos péchés personnels. C’est cela que Jésus porte sur la Croix. Ainsi il nous enseigne à servir, à aimer. Le don de soi comme Lui. Il est bon de suivre Jésus jusqu’au bout, jusqu’à la Croix. Il est bon de faire ainsi pour prendre part à sa résurrection. Je vous lance l’invitation à participer aux célébrations de la Semaine Sainte. Après deux ans de pandémie, faisons l’effort de nous retrouver pour vivre ensemble cette entrée triomphale à Jérusalem, ce chemin de Croix et cette célébration de la résurrection.
Bonne Semaine Sainte sous le signe de l’espérance et de la vie.
Abbé Pierre
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