CARÊME 2021
Discerner la présence de Dieu en nos vies


Semaine 3

Parole étonnante!

J’aime beaucoup le pape François. Il m’a fait verser une larme le jour même de son élection alors qu’il nous révélait le nom qu’il choisissait : « François », celui qui parlerait aux pauvres, aux fleurs et aux oiseaux. Clin d’œil de Dieu ou réponse à mes prières, mon angoisse écologique trouvait une résonnance au sein de l’Église.

D’une simplicité réconfortante et d’un acharnement presque surnaturel à vouloir remettre les pendules à l’heure, tant dans l’Église que sur la planète entière, tout ce que le pape François a produit comme discours et œuvre littéraire depuis son élection, va dans le même sens. Croyants ou non-croyants, c’est toute l’humanité qui est face à la radicalité d’une conversion urgente. De quoi réactualiser la pertinence du christianisme et le bien-fondé universel du Carême chrétien !

Sa dernière production littéraire s’intitule « Guérir le monde ». Il y parle de guérir les personnes affectées par la pandémie, rétablir les relations dans notre monde interconnecté, lutter contre la pandémie de l’indifférence, les inégalités sociales et économiques, choisir l’option préférentielle pour les pauvres, prendre soin de la création, construire une «civilisation de l’amour».

Le troisième dimanche du carême nous invite à discerner la présence de Dieu dans une Parole étonnante. L’évangile de Jean raconte comment les concitoyens de Jésus ont été déstabilisés par sa parole prophétique qui voulait remettre les pendules à l’heure concernant leur perception du temple. «Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai» (Jn 2,19). On s’est moqué de lui…, un pauvre rêveur ! Pourtant, sa parole rêvait de convertir leur cœur et leur intelligence à la présence de Dieu et de son « Royaume d’amour » qu’il était venu lui-même réaliser au milieu d’eux, au prix de sa propre vie.

Je discerne dans les interpellations du chef actuel de l’Église catholique, la prophétie d’une parole étonnante qui m’invite à rêver, mais rêver grand. Pour initier un nouveau projet missionnaire dans nos paroisses, notre équipe pastorale est invitée, cette semaine, à se rappeler avec Martin Luther King de la force d’un rêve avec ce célèbre : « I have a dream ».

Aujourd’hui, c’est avec toute la force de l’utopie féconde, que je convie tous les rêveurs de bonne volonté, chrétiens ou non-chrétiens, à défier la morosité engendrée par cette pandémie pour réaliser le rêve de Dieu le plus étonnant! Celui de donner nos vies avec lui pour construire « une civilisation de l’amour »!

Ensemble, puissent nos rêves et nos paroles provoquer assez d’étonnement pour réaliser dans le cœur et l’intelligence de nos contemporains, la foi, l’espérance et l’amour pour guérir et protéger cette splendide Création rêvée par Dieu et restaurée, en Jésus Christ.

Bonne montée vers Pâques !

Odile Tremblay, intervenante en pastorale.

Semaine 2

La Transfiguration

La fraternité est tellement essentielle à notre humanité! Elle l’est tout autant pour grandir dans la foi, avec Jésus et nos frères et sœurs. Les Maisonnées veulent développer des réseaux de communion fraternelle, à l’instar des premières communautés chrétiennes.

C’est dans le cadre de cette initiative catéchétique diocésaine que l’abbé Léopold nous propose une réflexion sur la transfiguration, thème du 2e dimanche du carême cher à nos trois communautés puisque ce passage de l’Évangile de saint Mathieu réfère directement au vocable de notre paroisse.

La Transfiguration du Seigneur évoque le passage de l’Évangile où les Apôtres contemplent le Christ en gloire entouré de Moïse et d’Élie. Ce moment heureux intervient juste avant la première annonce de la Passion que le Christ devra traverser, comme pour fortifier les apôtres avant la grande épreuve qu’ils vont subir. Elle nous rappelle comment le Seigneur a voulu préparer le cœur de ses disciples à surmonter le scandale de la croix, mais elle annonce aussi « la merveilleuse adoption » qui fait de nous des enfants de Dieu en son Fils Jésus et la clarté dont resplendira un jour le corps entier de l’Église.

Bon visionnement et bon 2e dimanche du carême!

Semaine 1

Le carême, c’est le « reset » du chrétien!

À pareille date, l’an dernier, à la veille d’entrer en carême, on était loin de se douter du drame qui allait survenir. Mais un mois plus tard, tout a basculé. Et depuis, nous essayons de survivre… J’attends ce jour du grand « reset » pour revivre à nouveau, sans doute d’une manière nouvelle, tout ce qui favorisait ma joie de vivre.

Dans la vie spirituelle, le carême se présente comme un temps de renouveau. J’ai entendu un prêtre orthodoxe parler du carême comme le « reset » du chrétien, c’est-à-dire un nouveau départ, une remise en forme de notre vie chrétienne. N’est-ce pas ce que Jésus nous invite à vivre en nous disant : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1, 15) ?

Dans l’évangile de ce premier dimanche de carême, saint Marc raconte que Jésus, après son baptême, est poussé au désert par l’Esprit et y demeure pendant quarante jours, tenté par Satan. Il ajoute : « Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient » (Mc 1, 13). Cela évoque l’harmonie de la création voulue par Dieu. Une harmonie entre le ciel et la terre. Un grand rêve que nous portons au fond de nous-mêmes, brisé par notre manque de sagesse et de fidélité à Dieu. Voilà qu’avec Jésus le règne de Dieu est arrivé. Le monde nouveau est commencé.

Dans notre vie chrétienne, nous avons besoin de nous resituer. Il est facile d’oublier Dieu et de se laisser aller à nous-mêmes, à nos instincts, de se laisser griser par de l’éphémère, de laisser le tourbillon de la vie nous distraire de l’essentiel, sans se poser la question du sens de notre existence. Le règne de Dieu s’est approché en la personne de Jésus qui nous entraîne avec lui dans le grand rêve d’harmonie et de bonheur. Un grand rêve que nous avons la responsabilité de garder vivant en ayant cette sagesse d’adopter le regard de Dieu, de nous émerveiller de son amour et de vivre selon ses valeurs. La conversion commence par des questions qu’on prend le temps d’accueillir, des questions quant à ce qui se passe en soi, autour de soi et dans le monde. Puis, c’est de se tourner vers Dieu qui, sans cesse, « fait toutes choses nouvelles » (Ap 21, 5).

Concrètement, il s’agit d’abord de prendre le temps de faire silence, d’entrer en soi, dans le secret de nos cœurs, comme Jésus nous y invite. C’est là que nous rencontrons le regard de Dieu sur nous, c’est là que Dieu nous parle. Son appel… «convertissez-vous… » se fait entendre comme une parole pleine de bienveillance. Car il est le Dieu des recommencements… La conversion, c’est quelque chose d’heureux, de joyeux!

Avons-nous le goût de revivre à nouveau, d’une remise en forme spirituelle? Avec l’épreuve de la pandémie, peut-on aussi espérer la venue de quelque chose de neuf pour notre monde? Le règne de Dieu est à l’œuvre, une grande harmonie à rêver, à esquisser, à réaliser à travers bien des tâtonnements et des erreurs mais avec l’ingéniosité et la patience de nos dynamismes créateurs et de notre foi persévérante. Avec Jésus, nous avons le guide qui nous permet de trouver le chemin qui mène à ce monde nouveau, celui qui jaillit au matin de Pâques.

Bon carême ou bon « reset » spirituel!

Gérard Bilodeau, prêtre


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